Historique de la radio rurale de Sandaré

mardi 1er décembre 2009
par  A Plée
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Un exemple de coopération internationale (Mis à jour le 10/11/2009)

« Les radio rurales sont des moyens privilégiés de relais de la culture orale. Elles sont mieux adaptées aux réalités financières, politiques et culturelles du Mali où la langue officielle, le français, n’est couramment parlé et écrit que par 8% de la population ! les radios libres, en faisant éclater le mythe de l’écrit, en rendant donc leur dignité à des populations frustrées et complexées, ont rendu justice à la culture profonde des peuples africains, qui est fondamentalement une culture de l’oralité »
Extrait d’une communication sous le titre « des radios à l’internet »
Pascal Coulibaly, chef de cabinet sous le Président Alpha Oumar Konaré.

NAISSANCE DU PROJET

1998 : Au cours d’une mission à Sandaré, les Draveillois de Trans-Aide rencontrent de jeunes Sandarois qui ont créé une mini-radio locale, sous forme expérimentale (émission 30m). Ils expriment le souhait d’étendre leur expérience à tous les villages de la commune.

1999 : Un groupe de travail est constitué pour définir les objectifs : création d’une radio associative dont le but sera la diffusion et le partage des informations sur la vie locale, la santé, l’agriculture, la culture, etc. Le projet est inscrit au programme triennal de développement de la commune (2001/2003).

2001 : projet approfondi avec la population, des techniciens de la radio de Kayes et la municipalité de Sandaré. Le maire de Sandaré entame les démarches réglementaires pour obtenir une fréquence par le ministère. Le local radio sera implanté dans la « maison du jumelage ». Trans-Aide le financera.

2002 : Trans-Aide recherche des financeurs pour le matériel et contacte la Francophonie française, qui met l’association en relation avec la Francophonie canadienne.

2003-2005 : Mise au point du projet et décisions entre tous les intervenants via internet.

MONTAGE DU PROJET

2003 :

Janvier  : la Francophonie canadienne accepte d’intégrer le dossier transmis par Trans-Aide dans le cadre d’un grand projet de l’ARC (alliance des radios communautaires), concernant l’implantation de 4 radios rurales en Afrique francophone.

Juin  : engagement financier ARC/ACDI (Agence Canadienne de Développement International). Décembre : à Sandaré, obtention de la fréquence de Radio Kaarta par arrêté ministériel.

MISE EN PLACE DU PROJET

2003 : Kared, (maître d’oeuvre pour Trans-Aide) construit le local radio.

Août  : Les Canadiens viennent reconnaître les lieux à Sandaré, et rencontrent les administrateurs de Trans-Aide à Paris. Finalisation de l’échéancier élaboré entre les partenaires.

2004 :

Février  : Mise en place de l’association Sandaroise « Fokaben » qui gèrera la radio associative nommée « Radio Kaarta ». Octobre : Une « radio parraine » de Chetticamp dans le grand nord canadien reçoit un Sandarois pour une formation sur un mois. Une proposition de collaboration (investissement et fonctionnement) est faite à la commune voisine et sa ville jumelle en France. Refus opposé, raison : cette commune veut sa propre radio.

Fin 2004  : Une recherche de coopération est initiée avec « PANOS Bamako », ONG africaine subventionnée pour soutenir les radios associatives d’Afrique de l’Ouest, par l’information, la formation de techniciens/animateurs et la fourniture de pièces de rechange.(resteé sans suite à ce jour).

2005 :

Janvier/février  : arrivée et installation du matériel BBEAM, entreprise belge choisie par la francophonie canadienne dans le cadre d’un appel d’offre. Cette entreprise doit, en outre, former des techniciens locaux sur 4 jours.

Février 2005 : premières émissions de la radio dont la portée est de 80 km.

Le projet aura finalement pris 6 mois de retard sur le planning envisagé, ce qui est raisonnable compte-tenu des difficultés liées aux moyens de communication avec Sandaré.

INTERVENANTS DIVERS

Francophonie canadienne, Trans-Aide (association de jumelage coopération Draveil/Sandaré) à travers les engagements de ses bénévoles en France et à Sandaré, Commune de Sandaré (population, conseil municipal, le maire, l’association Fokaben), Commune de Draveil, Conseil Général de l’Essonne, Association des migrants de France, Association des Sandarois de Bamako, Radio rurale de Kayes, AVVEJ association pour la vie et l’éducation des jeunes (Montgeron) dont une éducatrice est au CA de Trans-Aide, Collège Emile Zola (Igny) dont un professeur est au CA de Trans-Aide. Kared, ONG africaine relais de Trans-Aide à travers Essonne Sahel. BBEAM entreprise belge de matériel radio.

FINANCEMENTS / Investissements

Francophonie canadienne :
- Matériel radiophonique et mise en place (selon accord ARC/ACDI : seul un document général couvrant les 3 réalisations de radios communautaires en Afrique, nous a été communiqué) ;
- Formation d’un Sandarois 1 mois, au Canada, (idem).

Trans-Aide : avec
- Ses fonds propres (obtenus par adhésions et au cours de diverses manifestations de sensibilisation aux relations N/S à Draveil) ;
- Subvention du Conseil général de l’Essonne ;
- Association Culture et Temps Libre de Draveil (conférence ayant trait à l’Afrique). Construction du local, l’abri de la génératrice, du matériel divers (insonorisation, tables, chaises, transport de ce matériel, travaux de modifications du local, installation d’un 2ème climatiseur, construction de la maison du gardien et fourniture de 23 radios par village.

Investissement des bénévoles de Trans-Aide non évalués (déplacements à Sandaré et autres, temps personnel donné à l’élaboration et au suivi du dossier, matériel utilisé, téléphone, etc...)

Investissement des sandarois de Sandaré et de Bamako non évalué. Migrants en France : investissement financier attribué à l’électrification et aux réparations.

Les jeunes de l’AVVEJ : 2 panneaux solaires (organisation d’une manifestation de sensibilisation N/S à Montgeron 91).

Fonctionnement

A la mise en route : la Commune de Sandaré s’engage à donner une subvention pour paiement des techniciens/ animateurs sur 2005 pendant un an, et les migrants de l’arrondissement s’engagent pour la somme de 1525 €.

Par la suite : Radio Kaarta doit générer des revenus pour fonctionner sur autofinancement.

SUIVI SUR LES ANNEES SUIVANTES

2006  :

Juillet , l’association Fokaben recense un certain nombre de besoins supplémentaires : modification des cloisons, mise en place d’un second climatiseur, clôture de la maison de la radio et construction d’une maison de gardien.

En France, un dossier de cofinancement est présenté par Trans-Aide au Conseil général de l’Essonne pour ces demandes. Le Conseil général accepte.

Fin d’année , Fokaben organise une AG, un nouveau Conseil d’administration est constitué et un nouveau Président est élu. Un directeur est embauché.

2007 :
- Adhésion de radio Kaarta à l’URTL ;
- Des travaux complémentaires sont prévus (réaménagement d’une partie des locaux, et la clôture du terrain).

2008  :
- Le premier directeur est parti (paye non équivalente au niveau de ses diplômes). Il vient d’être remplacé par un jeune du village, moins diplômé mais à niveau.
- Les locaux sont bien entretenus et les émissions continuent. Cependant, le matériel est toujours mal protégé, une partie est hors d’usage.
- Le maire de Sandaré a contacté une association néerlandaise qui fait des formations à la gestion et à l’animation de radio. Un technicien est d’accord pour venir au mois d’octobre assurer cette mission.
- BICED (bureau d’étude travaillant avec Kared) vient de nous faire parvenir un devis pour la transformation des locaux et la clôture pour 17 300 000 FCFA (26 615€ ).

2009 :

Janvier Des modifications sont en cours dans le bâtiment de la radio, la cloison n’ayant pas été bien réalisée, le maire de Sandaré l’a faite refaire. Le climatiseur est posé et le support de l’émetteur modifié. Le projet de construction de la clôture est toujours en attente.

Juillet Des administrateurs de Trans-Aide rencontrent le président de l’association Fokaben et les animateurs de « radio Kaarta ».

  • Représentants la délégation Trans-Aide :
    • Le président : M. Gruber ;
    • La secrétaire : MY Oizan-Chapon.
  • Représentants la radio :
    • Le président : Toumani Traoré ;
    • Le chargé de programme : Ousmane Guindo ;
    • Le directeur : Garant Diarra ;
    • Le technicien amateur : Hussein Diabaté ;
    • L’animateur : Lassin Fane ;
    • L’animatrice : Mamou Coulibaly ;
    • Koko Konaté (le sandarois invité par la radio communautaire canadienne de Chetticamp).

Constat

Les travaux dans la maison sont exécutés et, sur l’émetteur, réalisés. Tout fonctionne. Le climatiseur n’est pas mis en fonction car le gasoil coûte cher. L’équipe se propose de mettre un climatiseur dans le local de l’émetteur et de ne mettre qu’un ventilateur dans le local des animateurs. Les locaux sont propres et rangés mais le matériel est dégradé et il n’y a toujours pas de housses à mettre sur celui-ci à l’arrêt des émissions. La maison du gardien est construite. La clôture n’est toujours pas faite, un mauvais grillage entoure le terrain et sert de sèche linge aux femmes.

Problèmes en cours

Il y a eu une grosse panne sur l’émetteur en octobre 2008. Après investigation, la pièce à réparer a été identifiée, ils ont par la même occasion constaté que le matériel fourni par BBEAM est en fait un matériel fait de pièces de multiples origines et donc pas toujours faciles à trouver, ce qui était le cas. Trans-Aide, pour sa part, est obligée de constater que le choix du fournisseur n’a pas été réfléchi pour le long terme alors qu’au cours de la mise en place du projet, nous avions souligné à divers reprises aux interlocuteurs de la Francophonie canadienne, l’importance de faire un choix de matériel correspondant aux disponibilités locales et nous avions exprimé des réserves vis-à-vis de BBEAM.

Coût de l’opération : 1 600 000CFA détaillé comme suit : - réparation de l’ancien émetteur (35W) 200 000 FCFA, retombe en panne.
- achat nouvel émetteur (50W) 1 400 000 FCFA suite nouvelle panne de l’ancien.
- par ailleurs, l’ampli de 300W devient trop faible, il faudra le changer pour un ampli de 500W, coût 2 000 000 FCFA.

Devant une telle somme à sortir, le maire a été saisi du problème. Les villageois manifestant le besoin de la reprise des émissions, il a été décidé de demander, à tous les villages, une participation financière pour la réparation, ce qu’ils ont accepté. En attendant les versements villageois, un emprunt de la somme a été souscrit auprès de la CAMIDE, banque mutuelle implantée localement.

Bilan financier de l’association : La radio dispose de fonds, répartis comme suit :
-  dépôt à vue à la CAMIDE : 500 000 FCFA ;
-  dans la caisse pour le quotidien (principalement gasoil) : 500 000 FCFA ;
-  attente paiement spots publicitaires : 600 000 FCFA. Spots obtenus via URTEL (Union des Radios et des Télévisions Libres, adhésion 60 000 FCFA/an).

Les fonds ne permettent toujours pas de payer des salariés. Seules des indemnités leur sont attribuées. Un jumelage est en cours avec la radio indépendante de Kaye Banojo.

Remarques Trans-Aide

La clôture est toujours à faire.

Requêtes des administrateurs et des techniciens

- ont besoin d’un ordinateur pour passer la musique, les cassettes s’abîment vite, toutes les radios sont passées à l’ordinateur (600 000 FCFA au Mali) ;
- souhaitent un jumelage / parrainage avec une radio française.

Pour le conseil d’administration de Trans Aide Draveil
La secrétaire
Maryvonne Oizan-Chapon


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